Comprendre les élections

Le scrutin du 20 décembre va décider du prochain Congrès des députés et de la chambre du Sénat. Le prochain chef du gouvernement devra ensuite être élu par les députés. Explications et présentation des quatre candidats favoris.

Le Congrès des députés

Les Espagnols votent pour des candidats aux sièges de députés dans chaque circonscription. Il y a 52 circonscriptions en Espagne, les 50 provinces, plus les villes autonomes de Ceuta et Melilla. 350 députés seront élus. Les cinq provinces qui comptent le plus d’habitants (Madrid, Barcelone, Valence, Séville et Alicante) élisent 30% des députés.

Le Sénat

Sur les 266 sièges, 208 sénateurs seront élus le 20 décembre par les citoyens. Quatre sénateurs par province, trois par grande île (Canaries, Majorque et Tenerife), un par île mineure (Ibiza, La Palma…) et deux par villes autonomes (Ceuta et Melilla). Les 58 autres sénateurs sont élus indirectement : un par chacune des 17 communautés autonomes, plus un sénateur par million d’habitants (l’Andalousie, communauté la plus peuplée, compte huit sénateurs).

Le chef du gouvernement

Il est désigné par le roi, qui choisit généralement le leader du parti qui a remporté le plus de sièges aux législatives. Ensuite, il doit être approuvé par les députés. Pour les élections du 20D, les probabilités d’une majorité absolue d’un parti sont très faibles. Il faudra donc une coalition, ou au moins une alliance temporaire, pour élire un chef de gouvernement. Si le congrès des députés ne se met pas d’accord sur un candidat, de nouvelles élections seront convoquées.

Les prétendants

Mariano Rajoy, Parti Populaire (PP) : C’est lui qui a gouverné lors quatre dernières années, après avoir obtenu la majorité absolue lors des élections de 2011. Soutenu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le conservateur est donné gagnant par les sondages, malgré les nombreux cas de corruption qui touchent son parti. Sans majorité absolue, Rajoy devra se trouver des alliés pour gouverner. Pas une mince affaire…

Pedro Sánchez, Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) : Il est censé donner un coup de jeune sur son parti, qui gouverne le pays en alternance avec le PP depuis la fin de la dictature franquiste. L’homme de 43 ans, né un 29 février, se bat avec Rivera et Iglesias pour terminer deuxième force politique du pays. Sa seule chance de prendre la tête du gouvernement.

Albert Rivera, Ciudadanos (C’s) : Le Catalan était encore inconnu à l’échelle nationale il y a un an. Il a su insuffler une dynamique positive au parti du centre, et grignoter son retard sur ses rivaux grâce notamment à ses prises de position anti-corruption. Rivera assure que s’il ne termine pas en tête, il n’appuiera aucun de ses rivaux. Au centre de l’échiquier, il pourrait pourtant avoir un rôle clé dans la désignation du futur chef de gouvernement…

Pablo Iglesias, Podemos : Le parti de gauche radicale est donné quatrième de l’élection depuis plusieurs mois, mais son leader ne désespère pas et croit en la « remontada ». Après tout, les sondages ne prévoyaient aucun siège pour Podemos aux élections européennes 2014 (cinq députés élus). Dans son programme ou son discours, quelques similitudes peuvent être trouvées avec le PSOE et Ciudadanos, mais il semble improbable qu’Iglesias soutienne Sánchez ou Rivera s’ils terminent devant lui.