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Élections : qui pour succéder à Rajoy ?

Les élections de ce soir, quels que soient les résultats, présenteront une configuration inédite, avec quatre partis au coude-à-coude.

Le bipartisme est mort, vive le quadripartisme !

Depuis la fin de la dictature franquiste, le Parti Populaire (autrefois Alliance Populaire) et le PSOE se partagent le pouvoir sans discontinuer. La violente crise de 2008 et les successives affaires de corruption à droite comme à gauche ont changé la donne : Podemos s’est créé en surfant sur la vague du mouvement des Indignés, Ciudadanos s’est révélé sur la scène nationale. Et si les deux partis font figure d’outsiders, ils auront un rôle clé à jouer.

Le PP va remporter les élections mais…

Sauf énorme retournement de situation, le parti de Mariano Rajoy terminera premier des élections de ce soir. Le PP est solidement en tête de presque tous les sondages depuis mars. Mais, faute de majorité absolue, cette victoire ne lui suffira pas pour que Rajoy poursuive sa mission à la tête du pays. Ciudadanos, parti le plus proche idéologiquement, ne formera pas de coalition avec lui. C’est ce qu’a en tout cas assuré Albert Rivera, son leader. Difficile d’imaginer le PSOE appuyer son meilleur ennemi. Plus à gauche, une alliance de Podemos ou d’Izquierda Unida avec le PP est impossible. La victoire aura certainement un goût amer.

« Il n’y aura pas de coalition »

Tout dépendra des scores de chacun. En tout cas, selon Jorge Vestrynge, proche de Podemos, « il n’y aura pas de coalition de gouvernement ». Pas question pour Iglesias et Rivera de se griller pour les prochaines élections en participant à un gouvernement avec Sanchez ou Rajoy, membres des vieux partis qu’ils combattent. Il faut plutôt s’attendre à des alliances au cas par cas. Le deuxième des élections sera bien placé pour prendre le pouvoir, mais devra négocier sec avec les suivants. Dès lundi matin : « On s’asseoit, on met les programmes sur la table et on cause. On peut imaginer une coalition à la carte entre Podemos et le PSOE, voire même avec Ciudadanos. De toute façon, Podemos est plutôt programmé pour les prochaines élections. Pablo (Iglesias, ndlr) n’est pas du genre à bloquer. S’il doit laisser le gouvernement aux socialistes, il le fera. Mais avec des conditions draconiennes », assure Vestrynge. Le nouvel homme fort de l’Espagne devra être élu sous deux mois par les députés. Sans accord, de nouvelles élections seront convoquées.